ARNAUD ET VIRGINIE

(Histoire de la rencontre à Compiègne en 2004 entre Arnaud et Virginie)


 

la première histoire de notre rencontre

 

 

Un jour de printemps, dans la jolie ville de Compiègne, elle prenait

 le bus 5 lorsqu'elle le vit…Une apparition. Le temps s’arrêta. Un coup de foudre, voilà ce qu’il en était, dans un bus, un jour comme ça, ou rien n’avait été décidé.

 Un samedi, peu après, elle se prépara avec ses amies pour sortir sans se soucier du reste mais avec déjà dans son cœur ce beau brun, qui pourrait bien lui faire tourner la tête.

La soirée avançait et tandis que la lumière du jour faiblissait, la ferveur de la nuit se faisait de plus en plus grande. Sur la piste de l’Espace, à l’époque du grand Saint Germain, les couples dansaient, libres de faire la fête. Du coin de l’œil, Virginie et Arnaud s’observaient.

Qui fera le premier pas ?

Finalement il s’approcha de la divine brune et lui prit le bras pour l’inviter à boire un verre. Pour la première fois, ils discutèrent ensemble et se découvrirent sans savoir que cette nuit-là, au rythme de la musique, tout allait changer.  L’émotion palpable et les sourires partagés trahissaient déjà l’idylle naissante.

Arnaud la trouvait si belle. Virginie était déjà conquise.

 Depuis rien n’a changé, à part peut être trois petites exceptions qui ont chamboulé la vie du couple ces dernières années.

Sur le canapé Emy s’exclame:

 - Papa t’es le meilleur !

Les deux grands frères ne disent rien mais sourient de ce récit.

  Fido aussi a tout écouté. Il ronronne de plaisir allongé sur le bord du canapé. Il aime bien les contes de printemps qui commencent aussi joliment. Et pendant qu’Emy lui caresse le dos, il se dit lui aussi, qu’il ne pouvait rêver meilleure famille.

 

LEON

(portrait d'un grand père pêcheur pour sa petite fille)


la première histoire de léon

 

L’odeur sucrée des cageots de fruits traverse les pièces de la maison. Le café n’est plus très chaud. Dans la pénombre du salon, Léon regarde ses mains, épaisses et fatiguées par la cueillette des poiriers.

Marthe et Gérard sont partis en voyage, laissant leurs deux filles pour l’été.

Martine est dans le jardin. L’aînée se laisse bronzer sur l’herbe sèche, avec sa jolie serviette. La jeune adolescente s’ennuie. L’année prochaine elle ne viendra pas, elle l’a décidé. Il y a aussi la benjamine, qui observe son grand père et suit les leçons avec attention. Avec sa coupe de cheveux, on dirait un garçon. Ce matin,

la grand-mère est partie à Jullouville, le temps de quelques courses.

Personne ne l’a accompagnée.

Léon a le visage rond mais le corps meurtri par la guerre, la sale, celle qui est devenue silencieuse à présent. Il a longtemps travaillé comme douanier. Aujourd’hui, il se sent plus proche des travailleurs de la mer, héros si chers à Hugo. C’est vrai que nous ne sommes pas si loin de Guernesey.

C’est l’heure d’y aller. La grand-mère est revenue.

A pieds, ils quittent Carolles tous les deux. Ils descendent dans les rochers.

 Fabienne s’égratigne le bras. Dans son petit sac que sa mère lui a offert, il y a un seau et l’appareil photo. Elle se retourne vers son grand père qui porte les filets, la nasse et un râteau. Clic Clac, l’instant est immortalisé.

Ce jour-là le soleil brille. En maillot de bain, les cheveux dans le vent, l’enfant saute de joie. Le grand père lui montre comment faire pour pousser le filet.

 Les crevettes grises se dérobent, pas prêtes à être attrapées. De toute façon ce qu’elle préfère Fabienne, c’est les chercher parmi les rochers avec à la clé, quelques bigorneaux. Surtout des gros.

 Les pieds dans l’eau, son regard bleu se perd vers les bateaux lointains à la recherche d’un infini. Un voisin qui est venu se baigner interrompt la rêverie.

- Bonjour Monsieur Boudet, la pêche est bonne ? Léon répond d’un geste de la main. Puis il reprend le travail. Il connaît bien son affaire. Ses doigts passent dans sa moustache blanche, aiguisée mais dont le sel de mer vient boucler un poil, rebelle. Le grand père rappelle sa petite fille et lui montre ce qu’il y aura à cuisiner ce midi. La marée les accompagne, et puis Léon comme la douceur qui accompagne son prénom prend la main de Fabienne. Ils sont riches d’une pêche miraculeuse aujourd’hui et c’est tout ce qui compte.