IRIS

( Née en décembre 2016 à Caen, en Normandie près de la mer. )


 

Le froid a envahi la Cité en ce mois de décembre.

Les mouettes se réchauffent sous les toiles des bateaux

qui tanguent dans le port.

Tôt le matin,

le marché de Caen se réveille et s’anime.

On y vend des légumes, des fruits et des fleurs.

Il y a du bruit, des chants et des odeurs.

On te croyait bien au chaud mais finalement,

tu es pressée d’arriver.

Hop en voiture, direction la maternité.

Alors que les étals ont été remballés sur le port,

les mouettes se régalent des festins abandonnés.

Tu as encore les yeux fermés mais tu n’es plus à imaginer.

Dans la chambre, on te regarde et l’on s’émerveille.

Il fait nuit à présent.

Les lumières de la ville éclairent les rues devenues silencieuses.

Toi, tu dors tranquillement.

Tu as du temps pour ouvrir les yeux.

Les impatients attendront.

Sur le marché, ce jour-là,

on a commandé à la dame qui vend des fleurs,

un bouquet d’Iris.

 « Mais ce n’est pas la saison » dit-elle.

« Bien sûr que si » répond le passant.


MADELEINE & BERENICE

( Jumelles nées à Paris en décembre 2016 et dont le papa est professeur de Littérature.)

 

Aujourd’hui, sur un banc du parc,

 deux vieilles dames regardent les oiseaux qui dansent.

L’eau de la fontaine a presque gelé.

Les touristes se font rares.

Alors, chacune sort son livre à la recherche du temps perdu.

Mais bientôt, après quelques pages,

La rayonnante Bérénice, glisse à l’oreille de sa sœur Madeleine,

que voici venu le temps des demoiselles.

Elles sont nées ce mercredi d’hiver,

bien emmitouflées à la maternité.

Il est temps de leur rendre visite.

Dans l’allée du Louvre, elles saluent la statue de Racine.

Puis elles prennent le métro, il y a Paris à traverser.

Chaussées de leurs talons, elles achètent des macarons.

Tout près de la chambre, on entend des pleurs et des rires.

Bérénice pousse discrètement la porte et entrevoit,

penchés sur les berceaux, deux petits garçons étonnés et heureux.

Il est encore trop tôt pour se présenter.

Il faut laisser la famille en profiter.

Alors en bas de la maternité, ce mercredi,

 deux vieilles dames mangent des macarons.

 Madeleine préfère celui au citron.

 


MATHIS 

( Né en avril 2016 dans les Alpes, quelques jours trop tôt et dont la grande soeur s'appelle Chloé.)

 

De la fenêtre, 

les montagnes se dessinent comme un proche horizon.

Le soleil brille en ce dimanche d'avril.

Papa et Chloé sont partis ce matin, en randonnée,

bien chaussés, un baluchon sur leurs épaules pour pique-niquer.

Ta grande soeur chantonne, le longs des champs.

Puis ça commence à grimper.

Papa a l'habitude mais pour Chloé parfois, c'est difficile

de suivre les chemins qui deviennent des chevauchées.

Ca continue de monter.

Courage Chloé, encore quelques efforts.

Toi aussi tu es pressé d'arriver.

Quelques minutes plus tard, quelques jours trop tôt.

Tandis que les voyageurs descendent de la montagne

hâtivement pour te rencontrer,

maman te berce pour la première fois.

Il fait doux dans la chambre de la maternité, 

Dans le couloir, on laisse les chaussures sales à l'entrée.

Pour la course, aujourd'hui c'est Mathis qui a gagné.